A Contre-courant

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Méditation 247: Langage diplomatique



Texte lu

 

Philémon 1-21

  

Paul, prisonnier de Jésus-Christ, et le frère Timothée, à Philémon, notre bien-aimé et notre compagnon d’œuvre... Je rends continuellement grâces à mon Dieu, faisant mention de toi dans mes prières, parce que je suis informé de la foi que tu as au Seigneur Jésus et de ta charité pour tous les saints. Je lui demande que ta participation à la foi soit efficace pour la cause de Christ, en faisant reconnaître en nous toute espèce de bien. J’ai, en effet, éprouvé beaucoup de joie et de consolation au sujet de ta charité ; car par toi, frère, le cœur des saints a été tranquillisé.
    C’est pourquoi, bien que j’aie en Christ toute liberté de te prescrire ce qui est convenable, c’est de préférence au nom de la charité que je t’adresse une prière, étant ce que je suis, Paul, vieillard, et de plus maintenant prisonnier de Jésus-Christ. Je te prie pour mon enfant, que j’ai engendré étant dans les chaînes, Onésime, qui autrefois t’a été inutile, mais qui maintenant est utile, et à toi et à moi. Je te le renvoie lui, mes propres entrailles. J’aurais désiré le retenir auprès de moi, pour qu’il me servît à ta place, pendant que je suis dans les chaînes pour l’Evangile. Toutefois, je n’ai rien voulu faire sans ton avis, afin que ton bienfait ne soit pas comme forcé, mais qu’il soit volontaire. Peut-être a-t-il été séparé de toi pour un temps, afin que tu le recouvres pour l’éternité, non plus comme un esclave, mais comme supérieur à un esclave, comme un frère bien-aimé, de moi particulièrement, et de toi à plus forte raison, soit dans la chair, soit dans le Seigneur. Si donc tu me tiens pour ton ami, reçois-le comme moi-même. Et s’il t’a fait quelque tort, ou s’il te doit quelque chose, mets-le sur mon compte. Moi Paul, je l’écris de ma propre main, — je paierai, pour ne pas te dire que tu te dois toi-même à moi. Oui, frère, que j’obtienne de toi cet avantage, dans le Seigneur ; tranquillise mon cœur en Christ. C’est en comptant sur ton obéissance que je t’écris, sachant que tu feras même au delà de ce que je dis.

 

 

 

Enseignement

 

Le contexte du texte de ce jour est celui-ci.

Paul prêche la Bonne Nouvelle du Salut en Jésus-Christ dans la ville de Colosse où vit cet homme, Philémon. Ce dernier reçoit le message et s'ouvre à la foi en Christ au point de devenir lui-même ouvrier pour l'avancement de l'Evangile. Philémon va jusqu'à permettre que les réunions des frères se tiennent chez lui ("L'église qui est dans ta maison"). A voir la réputation dont il jouit hors de sa ville, tel que Paul en parle, on comprend qu'il devait être un des leaders spirituels chrétiens de la région. On a également l'impression que ce monsieur avait une certaine aisance matérielle et financière, la preuve...

Il a à son service un esclave (contexte de l'époque oblige !), Onésime qui , à un moment donné fuit pour aller à Rome. Il faut savoir que le service des hommes auprès d'autres hommes était réglementé, tout comme aujourd'hui. L'esclavage (le fait d'être totalement au service de quelqu'un) était reconnu, et le droit sur l'autre s'acquérait de manière tout à fait légale. Philémon avait des droits sur Onésime. La fuite de celui-ci laissait à son maître le choix de la conduite à tenir pour lui faire payer chèrement.

Onésime se retrouve donc à Rome où, on ne sait comment, il tombe sur Paul. Ce dernier lui montre la voie du salut en Christ et Onésime entre dans la foi au point d'être comme un fils pour l'apôtre.

Mais Paul connaît bien la loi. Il est en infraction tant qu'il garde sous sa protection l'esclave de quelqu'un. La justice demande qu'il le renvoie à son maître. Que faire ?

 

Paul est le père spirituel de Philémon et d'Onésime. Ces deux là sont donc frères en Christ. Ils sont égaux sur le plan spirituel et devant Dieu. Mais dans la vie sociale, et sur cette terre, chacun d'entre eux reste à sa place: Philémon  est le maître, et Onésime est l'esclave. En plus Onésime s'est mal comporté, ce qui rend sa situation encore plus délicate.


Cette lettre vient parler au coeur de Philémon. Paul doit le persuader de laisser tomber l'offense. Il en appelle à la compréhension du maître lésé. Voici les étapes de l'argumentation qu'il utilise:

 

Moi Paul, ton père spirituel, je prie constamment pour toi, je tiens à toi.

Tu as une réputation à défendre parmi les chrétiens ("car par toi, frère, le cœur des saints a été tranquillisé"

Mon fils, je suis un vieillard, tu dois m'écouter.

Onésime et toi êtes désormais de la même foi, c'est ton frère, je suis votre père spirituel.

Tu te dois toi-même à moi en tant mon fils.

Je préfère te laisser la liberté de décider ce que tu vas faire, afin que ce soit vu comme un bienfait, un acte de bonté de ta part.

Je m'engage à payer tout ce que ton esclave te doit.

Je te sais obéissant.

"tranquillise mon cœur en Christ"

 

Franchement il faudrait ne pas avoir un coeur de chrétien pour résister à ça ! Quel diplomate ! Une diplomatie vraie, fondée sur l'amour et la justice, l'objectif étant le bien de tous et la paix.

 

Il y a beaucoup d'enseigments que nous pouvons tirer de ce passage biblique. Mais ce qui retient particulièrement mon attention aujourd'hui c'est que, à l'exemple de l'apôtre Paul, nous devons apprendre à user de sagesse et de délicatesse dans nos rapports avec les autres afin de les gagner et maintenir l'amour, la paix et la justice autour de nous.

 

 

 



15/07/2013
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